Il y a eu un temps où le seul nom d'Eddie Murphy faisait vendre des billets, où l'humoriste impressionnait son public, le comblait par d'uniques simagrées et un style presque exclusif. Mais maintenant, force est de constater que cette période de gloire est définitivement révolue. L'acteur est désormais cantonné à des rôles de soutien négligeables, comme celui qu'il incarne avec peu d'audace dans
Tower Heist, ou à des protagonistes sans valeur, ni profondeur, dans des oeuvres qui le sont tout autant (
Meet Dave,
Imagine That). Personne n'a, dans le coeur des fans de la première heure du moins, remplacé Murphy au sein de la comédie américaine, c'est peut-être pourquoi il est réjouissant - ou peut-être le mot approprié serait davantage « réconfortant » - de voir le personnage cabotin qu'il a tant de fois peaufiné au grand écran refaire surface subitement au milieu d'une production contemporaine.
Malheureusement, ce retour nostalgique d'Eddie Murphy au grand écran dans un rôle qui le définit et l'habite n'est pas suffisant pour créer l'hilarité escomptée. Film de cambrioleurs dans la plus pure tradition hollywoodienne (les « gentils » volent les « méchants », élaborent des plans saugrenus et bernent le public jusqu'à une finale prévisible),
Tower Heist aurait pu être bien plus drôle tout en conservant cette perspicacité au sein du scénario. Les voleurs de
Ocean's Eleven étaient tous des professionnels dans un domaine connexe, ceux de la nouvelle comédie de Brett Ratner sont des fonctionnaires, sans antécédents criminels, qui décident de s'insurger contre leur insidieux patron. Au lieu de construire une pièce de même dimension pour se pratiquer, comme l'avaient fait les associés de Danny Ocean, ils élaborent une réplique avec des blocs légos. Il y avait, dans cette histoire, suffisamment d'éléments propices à des situations comiques efficaces et malgré tout, la plupart sont maladroites. Peut-être qu'en voulant rester dans le concret, ne pas s'engager trop profondément dans la caricature, on a astreint l'oeuvre à un statut impersonnel, conforme, sans artifice.
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