On dira ce qu'on voudra... il n'y a rien de mieux qu'une bonne comédie. Pour se changer les idées, pour oublier son quotidien, pour vivre un peu d'exotisme, pour rire, tout simplement. Rien de mieux qu'une bonne comédie... il paraît. Parce qu'on commence à avoir hâte, là, de voir une vraie bonne comédie québécoise : quelque chose de pas trop cave, avec des idées nouvelles, de l'humour, du charme. On l'attend depuis longtemps, cette comédie, et l'arrivée dans les salles de ce
Colis... ne changera rien : il va falloir continuer à attendre.
Mettant en scène l'improbable duo d'un riche propriétaire d'immeubles et d'un courrier cassé, Le colis est un film sans cause et sans utilité. On n'y trouve pratiquement aucune idée nouvelle, aucune observation savante ou aucune innovation cinématographique. Le vide. On dirait un réchauffement, réalisé pour ne pas perdre la main, pour ne pas être trop rouillé quand viendra le temps de faire quelque chose de sérieux (la comédie, c'est sérieux!). L'exercice est vain, et on voit mal qui pourra en profiter. Humainement parlant, rien à faire, et financièrement... on peut en douter.
La réalisation impersonnelle et le montage sans rythme ne sont pas les seuls problèmes du film : le scénario, ridicule, est construit sur un quiproquo assez lourdement amené, comme si on voulait être bien certain que tout était très très clair. Le personnage a-t-il des problèmes de jeu? Cet autre a-t-il des problèmes d'argent? L'énergie d'Emmanuel Bilodeau et la patience de Gildor Roy n'y peuvent rien, ces personnages sont minces et n'ont pas le charisme nécessaire pour porter sur leurs épaules la trame narrative d'un long métrage. Quand on y pense, d'ailleurs, on voit dans Le colis tous les éléments nécessaires pour un bon court métrage punché, rythmé, drôle (il y a bien un ou deux rires francs pendant le film)... étirés ici inutilement en un long métrage de 105 minutes.
Suite...