Les problèmes des films de la saga
Twilight sont toujours les mêmes : l'incohérence du récit, l'absence complète de schéma narratif et un manque de respect flagrant pour tout ce qui se rapproche d'une logique interne. Pour éviter les problèmes ou pour aborder des sujets souhaités (sexe avant le mariage, avortement, etc.) on se permet toutes les entorses à un univers qui, en quatre livres, devrait au moins être autosuffisant, indépendamment de sa qualité. Mais ce quatrième film, première partie du quatrième roman de la saga de Stephenie Meyer, met en relief cette vilaine tendance à modifier les conditions pour que le récit fonctionne.
On a besoin d'une femme enceinte mais on n'a pas le temps d'attendre neuf mois? Parfait, le foetus mi-humain mi-vampire se développe plus rapidement. On est confronté à un combat sans issue où un clan est en danger? Pas grave, on va imprégner le nouveau-né et Edward va déclarer que « c'est leur plus importante loi », et qu'ils n'ont donc pas le choix de la respecter (on n'est pas à une coïncidence forcée près). Parlant de niaiseries coïncidences forcées...
On se souvient que dans le deuxième film (Tentation), toute l'intrigue tenait au fait qu'un vampire avait perdu le contrôle de sa soif de sang et avait mis Bella en danger alors qu'elle s'était coupé le doigt en déballant un cadeau (oui oui...). Or, dans ce film-ci, on peut pratiquer une césarienne et même servir en gobelets avec une paille du sang à boire sans déclencher une frénésie semblable. Et puis, les vampires, ils ne brillent plus au soleil? Les Volturi (qui étaient dans la bande-annonce, d'ailleurs), si menaçants dans les films précédents, n'y sont plus?
Pas grave non plus si, pendant 25 minutes, l'enjeu est de savoir si, oui ou non, le beau Edward, dégoûté par sa force, va accepter ou non d'honorer sa femme qui, elle, ne demande que ça (on vous l'avait déjà dit que c'était un petit peu une *******). Le reste du temps, l'enjeu consiste à savoir si Bella va survivre à l'accouchement (posez la question...) ou si son mariage va être suffisamment cher féérique. Rarement des enjeux aussi féminins (mariage, lune de miel et douleurs sexuelles, grossesse) sont traités comme des noeuds dramatiques autosuffisants. Cependant, nous, on croyait qu'une femme, c'était plus complexe qu'une vulgaire vache reproductrice. On s'est peut-être trompé...
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