Après le succès qu'à connu Bienvenue chez les Ch'tis - en France et au Québec - les adeptes du genre attendaient avec impatience (et un peu d'inquiétude que le deuxième film ne soit pas à la hauteur du premier ? il y a bien eu La maison du bonheur avant les Ch'tis mais personne ne s'en souvient vraiment) Rien à déclarer. Dans le même esprit de légèreté et de sarcasme, Dany Boon nous transporte dans un univers fantasque dans lequel les Belges entretiennent une rancune intarissable pour leurs voisins « camemberriens », les Français. À certains moments, on se croirait dans un Bon Cop, Bad Cop européen; plutôt que d'être un duo de policiers québéco-ontarien, c'est une brigade franco-belge, mais les mêmes farces culturelles reviennent, les mêmes plaisanteries sur l'accent rustre des Belges/Québécois, les mêmes débats sur la légitimité d'une forme d'indépendance nationale. Mais cet humour est efficace... lorsqu'il s'adresse au bon public. Dans le cas présent, on parle aux Français et en tant que Québécois, il nous manque certaines bribes d'informations, de contexte, pour véritablement apprécier le niveau de certaines blagues.

Sans Benoît Poelvoorde, la comédie ne possèderait pas cette fouge qui la différencie des autres productions du genre. L'acteur est d'une justesse incomparable dans le rôle d'un Belge extrémiste qui déteste les Français au point de ne ressentir aucun remord après en avoir tiré un dans le dos. Dany Boon, beaucoup plus effacé, réussit tout de même à se démarquer grâce à ses facéties caractéristiques et ses bourdes calculées (même si, évidemment, on aurait préféré ne pas le voir sauter de la fenêtre de la salle de bain et s'étendre de tout son long dans la boue; ce n'était pas nécessaire pour l'impact comique). Suite...