Malgré la présence de Tommy Lee Jones au générique,
In the Electric Mist n'est certainement pas un film « américain », en tout cas pas dans le sens où on l'entend habituellement. Le film de Bertrand Tavernier (qui est Français, évidemment) évite les artifices habituels du cinéma hollywoodien (à tout le moins dans sa version remontée par le réalisateur qui prend l'affiche chez nous cette semaine) et propose un récit plus méticuleux et plus audacieux que ne le sont habituellement les thrillers policiers. Cela n'en fait un grand film pour autant, remarquez, vu la complexité des histoires et sous-histoires qui s'entremêlent sans s'allier véritablement.
À New Iberia, en Louisiane, le détective Dave Robicheaux mène l'enquête afin de capturer un tueur en série qui s'attaque aux prostituées de la région. Dans le cadre d'une patrouille, il arrête Elrod Sykes, une vedette hollywoodienne aux prises avec un grave problème d'alcool, qui tourne un long métrage financé par le crime organisé dans la région et le caïd Baby Feet Balboni. Ce dernier sait peut-être comment Dave pourrait démasquer le meurtrier, mais refuse de parler. L'enquête est ardue, d'autant que des visions venues d'un autre temps hantent Dave.
La première moitié du film est baignée d'un étrange mystère qui est particulièrement enivrant. Les éléments de l'enquête sont placés avec minutie, les personnages bien cernés, et les acteurs tous plus talentueux les uns que les autres. Mais l'ajout de récits en couches successives vient alourdir inutilement le bon déroulement de cette enquête. Comme si on avait voulu aborder trop de sujets à la fois, passant du proxénétisme au trafic de drogue, à l'alcool au volant, aux syndicats, à l'ouragan Katrina, au racisme - et même à la Guerre de Sécession, imaginez... Au moins, l'ambiance louisianaise est particulièrement bien représentée par le réalisateur, et ce décor inhabituel (cela fait changement de la Californie ou de New York) a le charme de l'inédit. Pendant un temps seulement.
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