Certaines histoires au cinéma sont plus poignantes que d'autres, parce que l'on sait qu'elles sont vraies. Du moins, aussi vraies que la fiction cinématographique peut l'être. Or, les musiciens, chanteurs, rockers et compositeurs font très souvent l'objet de drames biographiques, puisque l'aspect mythique qui les entoure, ainsi que leurs oeuvres, se traduisent bien dans un médium audio-visuel. Sans compter que ces films ont l'avantage de pouvoir puiser dans le bagage culturel des spectateurs, à même leurs souvenirs. Dépeindre une vedette? Certains pourraient croire que, du fait qu'elles soient connues, la tâche est simplifiée. Or, ce qui est compliqué, c'est justement de montrer ce que l'on ne sait pas. Car derrière chacun de ces mythes se cache l'humain. Souvent lourds, chargés narrativement, ces films finissent généralement mal. Que l'on pense au merveilleux
Amadeus de Milos Forman (1984), ou au beaucoup moins merveilleux
L'enfant prodige de Luc Dionne, il semble qu'une vie dédiée à la musique ne soit pas un destin enviable.
Avec la sortie de Gerry mercredi dernier, c'est un pan de l'histoire (musicale) du Québec qui nous est rappelé. Après tout, si chaque artiste s'inscrit dans son temps, c'est aussi un peu de l'époque que le cinéaste doit traduire dans un tel film. Pour ce faire, il ne s'agit pas que de faire porter des costumes pittoresques aux acteurs. Ainsi, même si Gerry plaira sans doute au public, peut-être le film aurait-il gagné à mieux exploiter le parallèle entre Boulet et l'incessante quête d'identité du peuple québécois. Car si l'artiste est issu de sa culture, il l'alimente en même temps en lui sacrifiant ce qu'il a de plus précieux : son talent et son souffle.
The Doors (Oliver Stone, 1991) dans lequel Val Kilmer interprète un Jim Morrison « psychédélisé », consumé par la toxicomanie, qui aura fait danser sa génération avant de mourir, est l'exemple même de la mise en images d'une époque. Parce que la dépendance est un vice fréquent dans le monde musical, presque toutes les biographies d'artistes de la scène en parlent. On peut même se demander : la musique existerait-elle sans substance illicite? Pour certains, comme Morrison, c'était un véhicule vers le mystique, pour d'autres, il s'agissait plutôt d'oublier une enfance difficile (Ray), d'échapper à la pression reliée au succès (Ma vie en cinémascope) ou de combler un mal de vivre omniprésent (L'enfant prodige).
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