La compétition est maintenant féroce dans le monde de l'animation aux États-Unis. Les cinéphiles ne se contentent plus de simples longs métrages amusants pour enfants, ils s'attendent à retirer - pratiquement - autant de plaisir que leurs progénitures, en plus d'être confrontés à des débats sociaux ou du moins des réflexions pertinentes lors de leur visionnement. Alpha et Oméga ne possède assurément pas la force nécessaire pour combler les expectatives croissantes des spectateurs, petits et grands. Son histoire, insignifiante et monotone, ses images d'une qualité discutable et l'absence d'empathie pour les personnages (secondaires ou principaux) font de cette oeuvre un échec nettement prévisible.

Humphrey et Kate sont amis depuis toujours, mais lorsque Kate revient de son cours pour devenir une Alpha, un chef de la meute, elle ne peut plus s'amuser avec son vieux compagnon car elle doit chasser. Un jour, les deux loups sont transportés par des humains dans une réserve à plusieurs kilomètres de chez eux pour repeupler le territoire. Aidés par deux étranges oiseaux, Kate et Humphrey vivront une aventure remplie d'embûches et d'expériences pour retrouver leur meute avant qu'elle ne se livre à une guerre de territoire.

Pas besoin de faire une comparaison exhaustive - comme certaines se sont amusé à faire entre Avatar et Pocahontas - pour remarquer les ressemblances frappantes (presque outrageantes) entre le nouveau film de Crest Animation avec Le roi lion, de Disney. L'héritier(ière) qui ne veut pas faire face à ses responsabilités, les deux alliés rigolos des protagonistes, le méchant qui veut posséder la Terre des gentils, les trois loups guignols qui ne sont pas sans rappeler les hyènes de Scar, le troupeau de gibiers empressés, sont tous des exemples du manque flagrant d'originalité et de l'inhabilité de l'oeuvre. Certes, les films familiaux finissent tous par se rassembler, devant proposer des valeurs communes et des canevas narratifs simples, mais il est important de ne pas tomber instinctivement dans le mimétisme. Suite...