Comment peut-on prendre plaisir à voir nos semblables souffrir physiquement et psychologiquement d'une manière aussi perverse et répugnante? Non vraiment, je ne saisis pas le fondement de ce type de divertissement. Si au moins, il y avait une certaine forme d'originalité, un aspect nouveau qui donnait un sens aux atrocités qui défilent à l'écran (comme Funny Games), mais après le septième chapitre, on ne peut pas s'attendre à être ébahi par l'audace de l'histoire : elle se répète et se complexifie inutilement de chapitre en chapitre, de meurtre en meurtre. On aurait pu croire que, comme cet opus est le dernier de la série, il offrirait une conclusion renversante à l'image du premier film, mais c'est encore beaucoup trop d'attentes envers cette franchise qui se dégrade au fil des années, mais qui ne cesse pourtant de récidiver (souhaitons que cette tentative d'épilogue soit véritablement la fin).

Bobby, un jeune homme ordinaire, décide, en voyant le témoignage de l'une des survivantes des pièges meurtriers de Jigsaw, de se faire passer pour l'un d'eux et ainsi gagner la confiance des gens pour devenir un personnage public important. Son plan fonctionne parfaitement jusqu'au jour où le remplacement du célèbre Jigsaw attrape Bobby et le met au défi de survivre dans l'un de ses jeux mortels. Au même moment, la femme du défunt tueur en série décide de révéler à la police l'identité du successeur de son mari, mais Hoffman compte bien se venger de son hypocrisie.

La structure narrative est la même que dans les chapitres précédents; un sinistre labyrinthe, d'innocentes victimes, des policiers incompétents et de grotesques coïncidences. Mais, il faut bien se rendre à l'évidence, le scénario est d'une importance équivalente à celui des films XXX - un prétexte pour montrer (explicitement) des tabous, des réalités qu'on préfère cacher pour des raisons morales ou pudiques. La première séquence du film, qui nous montre une mise en scène meurtrière dans un lieu public, aurait pu emmener une piste d'introspection intéressante sur l'intérêt de payer un billet de cinéma pour être témoin de crimes sadiques et sanglants, mais on oublie rapidement toute forme d'approfondissement intellectuel; les spectateurs sont là pour voir de la violence, du sang, des sévices inhumains et on leur en offre abondamment. Suite...