C'était supposé être une histoire simple : deux hommes, l'un essaie de séduire la femme de l'autre, l'autre se fâche, ils se battent parce que le premier veut entrer dans sa maison, ça finit dans la violence et le sang, le héros gagne et ***** sa femme. Le droit à la propriété. Parfait, merci, bonsoir,
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Straw Dogs (le
remake)
est pourtant un brin plus compliqué que ça, et honnêtement, ça ne le sert pas du tout. Parce qu'en ajoutant des couches, des personnages et des revirements, le film ouvre la porte à des questions logiques et morales; il faut justifier les gestes des personnages, mettre en place les éléments qui forcent les personnages à la confrontation. Et il faut que tout ça soit logique.
Vous avez deviné, ça ne l'est pas.
D'abord dans la représentation simpliste des personnages qui s'opposent : le gars de la ville, l'intello qui ne sait pas changer un pneu, qui écoute Beethoven, et les gros bêta de la campagne, chasseurs, alcolos, sales (ils puent sûrement). On passe plus d'une heure à opposer des gens qui sont différents. Impossible de dire qui est celui qui a le « meilleur » mode de vie, tout simplement parce que ces archétypes n'existent pas, en tout cas pas de manière aussi manichéenne (pour les gens de la campagne : aussi simplement),
D'autant que Straw Dogs est un film très ambigu au niveau de plusieurs de ses thématiques; cette violence est-elle justifiée? Elle est modeste, concentrée dans le dernier quart d'heure du film, dégoûtante mais la majorité se déroule hors du cadre. On est à la limite de la violence « utile » et de la violence-spectacle, ce qui permet de se poser plusieurs questions sur ce qu'on regarde. Voilà une qualité rare pour un film qu'on décrit comme « violent ».
Mais comment justifier le traitement réservé aux femmes dans cette histoire? Straw Dogs peut être particulièrement manipulateur lorsqu'il place l'Homme en « méchant » (alors qu'il ne peut pas deviner que sa femme vient d'être victime d'un viol sordide), mais rejette à plusieurs reprises la faute sur la Femme; c'est elle qui pousse son mari à la confrontation, c'est elle qui séduit l'idiot du village pour attiser la colère que déclenchera toute cette violence. Mais quel est donc le message que l'on essaie de livrer?
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