Même si les critiques des deux précédents opus n'étaient pas enflammées, les recettes de ces derniers étaient si impressionnantes - tant de gens se sont déplacés pour voir les exploits et bourdes de Jack Sparrow et de son équipage - que les attentes ne pouvaient qu'être énormes. Pirates des Caraïbes : La fontaine de Jouvence répond-t-il à ces expectatives élevées, est-il assez fort esthétiquement et scénaristiquement pour plaire aux novices comme aux fervents? Il est - évidemment - difficile de répondre objectivement à une telle question, puisque malgré les nombreuses incongruités, le désordre au sein de la narration, l'aspect moraliste assommant, l'humour souvent insipide et les frasques amoureuses peu crédibles des protagonistes, le charme du capitaine et la dévotion, l'amour, de plusieurs cinéphiles pour la franchise pourraient bien outre passer ces indéniables défauts.

Ce chapitre est probablement le plus simple de la saga; très peu d'informations préalables sont nécessaires pour comprendre l'issue de l'histoire et ses objectifs sont généralement assez linéaires, contrairement aux second et troisième opus qui nécessitaient une attention accrue et certaines connaissances de base. On semble même avoir porté ici une attention particulière à la schématisation, ce qui engendre certains illogismes et incohérences qui auraient pourtant pu facilement être évités (aussi simple que : comment deux équipages entiers peuvent-ils traverser une marre d'eau plafonnière en aussi peu de temps qu'un seul homme?). N'empêche que le film connaît rarement de temps mort (tout de même honorable pour une oeuvre de 135 minutes) et que l'action est, d'ordinaire, narrativement justifiable - si ce n'est d'une scène de bascule douteuse (à peine cocasse) dans un bateau abandonné sur le flanc d'une montagne. Suite...