Même si
Duo à trois est peut-être la meilleure comédie romantique tirant dangereusement sur l'étude sociologique et interpersonnelle qu'Hollywood a produite depuis longtemps, il reste que ce genre cinématographique - soit la comédie sentimentale - possède ses propres barèmes, ses propres règles, et lorsqu'on tente d'y attacher un aspect philosophique, des valeurs profondes et des débats moraux, on esquive presque systématiquement sa cible. Quand on produit des films de ce type - ou de n'importe quel type à vrai dire - la clé du succès est souvent de l'assumer. Si on veut introduire dans son long métrage des séquences émotives sous la pluie, un bouquet de roses fanées pour exprimer la mélancolie du personnage principal ou juxtaposer des images de flashbacks pour rappeler les bons moments qu'ont vécus certains des protagonistes, on peut le faire sans problème, mais il est préférable de ne pas tenter simultanément de soulever une réflexion sur l'estime personnelle et l'infidélité; les effets des deux avenues (émouvoir et confronter) s'annulent aussitôt - ou sont considérablement diminués.
Le débat central n'est pourtant pas inintéressant; « même les gens bien peuvent mal se conduire » est une réalité acceptable et pourtant facilement répréhensible qu'il nous serait favorable d'analyser à un niveau personnel et même social (mais, sans aucun doute, à un autre moment). De plus, la comédie romantique ne dure normalement pas plus de 90 minutes alors que
Duo à trois augmente ses ambitions jusqu'à de dangereuses 113 minutes. Le long métrage utilise généralement bien ces quelques instants supplémentaires; prenant le temps de développer les situations, d'établir les personnages et leurs relations entre eux, mais, reviens la même problématique soulevée plutôt : est-ce ce que le public recherche dans ce genre de divertissement? Souhaite-t-on attendrir les esprits poétiques ou attiser les cartésiens?
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