Un rôle comme celui du personnage principal de Barney's Version, c'est un cadeau rare pour un comédien, et il vaudra certainement à Paul Giamatti de nombreux éloges dans cette saison des récompenses qui s'amorce. Des éloges mérités, tant le Barney qu'il propose est un être complexe et profondément humain. Barney est ce type de personne qui a toujours raison - si ce n'est pas aujourd'hui ce sera demain - un être facilement méprisable parce que bourré de défauts (il est alcoolique, misogyne, infidèle); il est aussi un homme d'une grande intelligence, d'une grande honnêteté sentimentale, capable d'une grande passion. Ce sont ces personnages-là qui font certains des meilleurs héros de cinéma.

Atteint depuis peu par les symptômes d'une grave maladie, Barney Panofsky, un Juif montréalais, producteur d'une émission de télévision et célibataire depuis peu, se remémore les femmes qui ont marqué sa vie. Marié une première fois en Italie, il se marie à nouveau avec une femme de bonne famille à son retour à Montréal. C'est le soir de ses noces qu'il fait la rencontre de Miriam, une animatrice de radio new-yorkaise qu'il épousera lors de son troisième mariage.

Réglons d'abord le cas du scénario, trop simple, de cette adaptation cinématographique d'un roman de Mordecai Richler : ne sachant éviter quelques clichés et quelques évidences, le récit de Barney's Version demeure la chronique romancée de la vie d'un homme. C'est relativement anecdotique même si on se reconnait aisément dans ses mésaventures. Pas tant par les gestes qu'il pose, mais par ses intentions et ses maladresses. C'est la qualité de cet homme qui fait la qualité du film, certainement pas ses prouesses narratives. Même constat niveau réalisation : la simplicité prévaut et c'est le personnage qui prend toute la place. Heureusement, dans ce cas-ci, il est en mesure de le faire.

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