Petit film français bénéficiant d'une sortie limitée au Québec,
17 filles arrive sur nos écrans fort d'une présentation à Cannes qui aura inscrit ses réalisatrices, Delphine et Muriel Coulin, dans la liste des « jeunes réalisateurs français à surveiller ». Et pour cause, leur film étant un bel exemple de premier film maîtrisé, porté par ce qui semble être un amour sincère pour des personnages inédits; certes, on a vu plusieurs fois des héroïnes adolescentes et enceintes (le plus souvent dans des comédies américaines) au grand écran mais rarement autant à la fois, dix-sept, toutes d'un même lycée.
En incluant le nombre à la réflexion (doit-on garder le/les bébé(s)?), on aborde le sujet d'une toute autre façon, en s'extirpant du débat individualiste (JE ne suis pas prête, JE ne veux pas gâcher ma carrière) pour l'envisager en terme social, communautaire. Ce traitement permet donc d'aborder le sujet différemment et d'éviter les clichés les plus comuns. Dommage, à ce sujet, qu'on ait complètement délaissé les garçons, eux qui ne servent que de géniteurs et qui ne valent pas plus que de vulgaires tapisseries dans la décision des filles, dont le geste politique rejoint une certaine conception du féminisme moderne où elles prennent possession de leur corps.
Il faut sans doute préciser un peu les contours du récit : Camille, 16 ans, découvre un jour qu'elle est enceinte suite à un « accident de capote ». Déterminée à garder l'enfant malgré les reproches de sa mère monoparentale, elle reçoit l'appui de ses copines de classe, qui décident elles aussi de tomber enceintes, au grand désarroi de toute la petite comunuauté de Lorient. Ces dix-sept filles envisagent de mettre en commun leurs allocations et de vivre toutes ensembles dans un grand appartement pour élever leur progéniture comme des frères et soeurs.
Elles prennent cette décision pour elles-mêmes, dans l'idée de s'affranchir de leurs parents, de s'émanciper, de se créer un avenir. Une décision à première vue illogique - mais au fond, qu'y a-t-il d'illogique à la maternité? - qui est habilement contournée par le film qui rend leur décision crédible, dans la mesure du possible. Dommage d'avoir dû se concentrer sur quelques-unes d'entre-elles; on perd l'aspect universel lorsqu'on hiérarchise les personnages (principaux, secondaires et même tertiaires) mais difficile de faire autrement dans un film si court.
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