Abbas Kiarostami a fait l'éloge du «succès unique» remporté par le drame «Une séparation» du scénariste et réalisateur Ashgar Farhadi, qui a récolté le Golden Globe du meilleur film étranger dimanche.
En entrevue avec l'Associated Press, M. Kiarostami a toutefois déclaré que cette récompense avait un goût doux-amer dans le contexte de la fermeture le 4 janvier par le gouvernement de la Maison du cinéma, une organisation indépendante qui existait depuis 20 ans.
Les autorités ont affirmé que le groupe n'avait pas les permis adéquats. Les artistes ont soutenu qu'il s'agissait plutôt d'une décision politique visant à museler la Maison du cinéma, qui a souvent défendu des positions contraires aux politiques gouvernementales.
«Une séparation» raconte l'histoire d'un couple déchiré entre leur unique enfant et un parent malade. Le film explore les différences liées au genre, à la classe sociale et à la religion dans la société iranienne d'aujourd'hui.
Selon l'agence de presse Fars, le long-métrage d'Ashgar Farhadi sera à l'affiche pendant une semaine dans un cinéma de Téhéran. Il a été présenté un peu partout en Iran au cours des derniers mois.
La semaine passée, M. Farhadi avait proposé que le gouvernement iranien permette aux artistes de voter sur le sort de la Maison du cinéma.
«J'ai bon espoir que le prix aidera à soulager la frustration des gens de l'industrie du cinéma iranien», a pour sa part confié Abbas Kiarostami, qui a notamment remporté la Palme d'or à Cannes pour son film «Le goût de la cerise» en 1997.
Il a aussi souhaité que le Golden Globe de son confrère pousse les autorités iraniennes à traiter avec plus d'égards le milieu du cinéma iranien.