Il y a longtemps que Jennifer Aniston n'avait pas eu de si belles affinités avec un acteur, une si crédible communion à l'écran que celle qu'elle entretient avec Adam Sandler dans Just Go With It. Ce n'est pas un secret pour personne; l'efficacité d'une comédie romantique est généralement proportionnelle à la qualité de la chimie qui règne entre les deux protagonistes, censés être follement épris l'un de l'autre. L'échec de
The Bounty Hunter ainsi que celui de
The Switch (l'un des pires couples de l'histoire du cinéma américain) est donc facilement explicable, tout comme la réussite cette nouvelle oeuvre de Dennis Dugan. Même si on ne peut échapper aux inépuisables blagues de premier niveau (peu importe le nom farfelu que l'on donne à une crotte, ça reste une blague de crotte), on parvient à atteindre un registre humoristique rarement égalé dans les films du
Chanteur de noces.
Danny, un chirurgien esthétique de Los Angeles, s'amuse à prétendre qu'il est marié mais que sa femme lui fait vivre l'enfer pour attirer la sympathie de la gent féminine. Sa technique a toujours fonctionné jusqu'au jour où il rencontre Palmer, une jeune femme séduisante de 23 ans qui enseigne les mathématiques au primaire. Bien qu'il lui affirme qu'il est sur le point de divorcer, cette dernière exige de rencontrer sa (fausse) femme pour s'assurer de son honnêteté. Danny demande donc à sa secrétaire Katherine de jouer le rôle de son épouse.
Avec Adam Sandler à l'écran et Dennis Dugan derrière la caméra, on ne pouvait évidemment pas s'attendre à un humour fin et intelligent, mais, malgré leur esprit gamin et leurs tendances grossières, les deux hommes prouvent aujourd'hui qu'ils ont les habiletés nécessaires pour varier leur style. L'espièglerie et la crédulité des enfants aidant, le long métrage parvient à de nombreuses reprises à nous décrocher un sourire et nous amène à croire en la possibilité d'une idylle entre les personnages très différents et pourtant complémentaires qu'incarnent Sandler et Aniston. La jeune fille sexy, jouée par la mannequin Brooklyn Decker, ne représente guère le stéréotype de la belle idiote, crée uniquement pour imposer une certaine rivalité à la principale intéressée. Les scénaristes sont parvenus à aborder le personnage d'une manière différente, s'élevant au-delà du cliché hollywoodien.
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