Rango est un tour de force visuel absolument époustouflant. Si la qualité de l'animation en elle-même ne surpasse pas le sceau de qualité Pixar - sans rien avoir à lui envier remarquez -, c'est surtout au niveau de la profondeur de la direction artistique et des couleurs que l'on trouve de quoi se satisfaire de ce film d'action incongru, qui est autrement assez fade, surtout au niveau du scénario. Avec tant d'idées disparates, c'est bien évident qu'on en trouvera quelques-unes pour ébranler les conceptions des films d'animation et des westerns traditionnels. Mais au final, voilà un film qui ne prend que peu de risques.

Suite à un accident de voiture, un lézard domestique rêvant de théâtre se retrouve seul au beau milieu du désert. À son arrivée dans un village peuplé d'animaux parlants, il réalise que la population est tenue en otage par le maire qui a le contrôle sur les réserves d'eau. Se faisant passer pour Rango, un justicier venu de l'Ouest, le lézard devient shérif et est chargé de protéger les faibles réserves d'eau des villageois. Alors que des taupes ont volé le réservoir, Rango doit prouver son courage afin de les rattraper et de redonner espoir aux habitants.

Les nombreux revirements du scénario sont absolument prévisibles, comme le sont habituellement les films d'animation pour enfants. De nombreux indices très éloquents s'assurent de ne laisser aucune surprise quant aux événements à venir. Ce n'est pas un défaut en soi, c'est cohérent dans une certaine démarche de films familiaux. Or, Rango ne s'adresse pas exactement à la « famille » normale; de nombreuses tentatives d'humour assez glauques dépassent apparemment le bon goût qu'ont habituellement les films « familiaux ». Ce n'est pas un défaut non plus, c'est l'amalgame des deux visions qui crée un problème de ton assez grave. Comme si un film qui, cherchant à s'adresser à la fois aux parents et à leurs enfants, ne s'adressait finalement à personne.

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