Il y a de ces films qui ont une foi qui dépasse l'entendement. Il ne s'agit pas ici d'une foi en Dieu ou une quelconque autre divinité de votre choix, encore moins d'une « cause noble », il s'agit d'une foi qui, défiant toute raison, permet à des films aussi mauvais que celui-ci, aussi inutiles et bidons que celui-ci, de passer à travers toutes les longues et fastidieuses étapes de la production pour finalement aboutir dans une salle de cinéma où des gens vont payer pour le voir (c'est sûrement ça la clé de l'énigme). Comme il fallait s'y attendre, Priest est un film peu inspiré, inutile, profondément simpliste et réducteur, qui promeut la voie de la facilité et du moindre effort.

Se déroulant dans ce qui semble être une réalité parallèle (un univers fictionnel où tout est permis, jusqu'à ce qu'on commence à le définir), Priest met en scène des guerriers surpuissants qui sont les seuls à pouvoir affronter des vampires (disons plutôt des bêtes sans yeux et sans cervelle assoiffées de sang) qui, autrement, décapitent du revers de la main n'importe quel humain (excepté ceux dont on aura besoin pour une scène inspirante de « dernier souffle », comme c'est pratique!). Bon. Déjà, on voit les faiblesses : que penser d'un personnage religieux qui ferait voeu de chasteté (mais qui ne refuserait pas le désir, en tout cas pas la femme...), mais qui serait entraîné au combat? Et que dire aussi de cet « obscurantisme » si maladroitement illustré par un nuage noir au-dessus de la ville et par le grandiloquent Monseigneur incarné par Christopher Plummer... On n'y a pas réfléchi deux secondes.

Et sérieusement, quel imbécile va vraiment refuser qu'on abatte sa petite amie dans l'éventualité où elle est contaminée et sur le point de devenir un vampire sanguinaire incessamment? Jusqu'à menacer à bout portant le guerrier qui lui a sauvé la vie trois fois déjà? Doit-on y voir un noeud dramatique ou un dilemme moral? Cela va au-delà de la simple foi...

Suite...