Cette critique aurait pu s'appeler « Idée douteuse », « Hamlet au pays des Indiens » ou même « La tortue sans dessus-dessous » (si on avait voulu faire de la critique-spectacle). Mais non, elle s'appelle « C'est pas une raison... » parce qu'effectivement, on ne peut pas excuser la non-valeur cinématographique en invoquant la valeur sociale. Ne me comprenez pas mal : c'est une excellente nouvelle que des artisans autochtones puissent mener à bien un projet aussi long et fastidieux qu'un long métrage; c'est tout à leur honneur et ils méritent ce droit de parole. Mesnak, cependant, n'est pas à la hauteur de cette idée.

Au centre du problème, le scénario. Comment expliquer toute la panoplie de coïncidences forcées qui permettent à une histoire d'inceste, d'adoption, de meurtre datant d'il y a plus de vingt ans, de mariage et de référendum sur la coupe des forêts, de se côtoyer? Hamlet? C'est pas une raison. Voilà une hypothèse : Mesnak est un film autochtone, portant sur une culture centrale au Québec qui est peu présente dans les médias et les arts en général. Il tient donc du bien commun de la représenter au cinéma, afin d'en dévoiler toute la richesse. Et puis soudain, on a des choses sociales à dire, des choses à dénoncer - breaking news : certains Autochtones ont des problèmes de consommation de drogues, d'alcoolisme, de pauvreté, de perte de leurs racines et Montréal c'est laid par rapport aux belles forêts vierges du Nord... compris? - qu'il faut insérer dans « un film autochtone » digne de ce nom. Ce faisant, on oublie de faire du cinéma.

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