Lorsque Yann (Guillaume Canet) rencontre Nadia (Leïla Bekhti), c'est le coup de foudre. Et quand ils découvrent au cours d'une promenade un restaurant laissé à l'abandon au bord d'un lac, ils décident de s'endetter pour acheter l'établissement et le rénover. Ils espèrent pouvoir rapidement rembourser leurs emprunts et gagner leur vie en travaillant comme restaurateurs.

Mais leur rêve d'une "vie meilleure" se brise rapidement, avec les dettes qui s'accumulent, et alors que Yann tente le tout pour le tout pour concrétiser son projet, Nadia décide d'accepter un travail au Canada. Elle demande à Yann de lui garder son fils, Slimane (Slimane Khettabi), le temps de pouvoir accueillir ce dernier dans des conditions décentes. Mais elle disparaît, laissant à Yann, contraint désormais de vivre dans un logement insalubre, la tâche difficile de s'occuper de Slimane.

"Une vie meilleure" est le neuvième film de Cédric Kahn, qui a notamment réalisé "L'ennui" (1998), "Roberto Succo" (2001) et "Les regrets" (2008).

Dans son nouveau long métrage, le cinéaste a voulu dénoncer, en relatant l'histoire d'un jeune couple plein d'espoir mais désargenté, la brutalité et les dérives d'un système capitaliste qui peut broyer les plus fragiles, en les entraînant dans la spirale du surendettement. Avec Catherine Paillet, co-scénariste du film, ils se sont lancés dans un long travail de documentation, rencontrant des banquiers, des militants anti-surendettement, des assistantes sociales et des restaurateurs.

Cédric Kahn a ensuite dû choisir soigneusement ses interprètes, un élément déterminant pour la réussite du film. Bien que Guillaume Canet ne soit pas un acteur qu'on identifie facilement à un travailleur précaire, il réussit à se glisser suffisamment bien dans son personnage pour le rendre crédible, et le couple qu'il forme avec Leïla Bekhti, à fleur de peau, est aussi convaincant. Quant à l'enfant choisi pour incarner le fils de Nadia, qui joue pour la première fois dans un film, il apporte beaucoup de spontanéité.

"C'était l'enfant le plus atypique et le moins sécure du casting, à la fois résistant et imprévisible", raconte le réalisateur. "On a travaillé uniquement en improvisation, sans dialogue appris", poursuit-il.

Cette manière de procéder apporte beaucoup d'énergie au film, qui a été tourné en Vendée, au Canada, mais aussi à Saint-Denis, près de Paris, dans de vrais squats insalubres, un environnement dans lequel l'équipe de tournage est parvenue à se faire accepter. Ce sont d'ailleurs essentiellement les habitants du squat qu'on voit dans le film.

A la manière de Ken Loach ou des frères Dardenne, Cédric Kahn réussit à raconter une histoire tragique de manière captivante, riche en rebondissements. Et il donne à Guillaume Canet et Leïla Bekhti des rôles pleins d'humanité qui touchent les spectateurs, en donnant une belle leçon de vie.

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