Très honnêtement, je croyais - en toute naïveté - que Garry Marshall avait atteint le paroxysme du « quétaine » et de l'ineptie avec Valentine's Day mais, comme Hollywood est capable du meilleur et - surtout - du pire, le pauvre réalisateur de Pretty Woman est parvenu à descendre plus bas que je ne l'aurais cru, même dans mes cauchemars les plus effrayants. Les histoires qui sont développées dans ce long métrage dépourvu de structure et de pertinence auraient certainement pu être imaginées par des enfants du primaire. Un homme mesquin qui meurt au chevet d'une infirmière magnanime, le fameux baiser d'une adolescente de quinze ans à minuit le 31 décembre, l'exécution insensée de résolutions qui le sont tout autant (tout de même le récit le moins ennuyant) et la course pour l'obtention du premier bébé de l'année sont quelques-unes des idées banales inventées par la scénariste Katherine Fugate, dont on doute rapidement de la rigueur (on lui doit également les textes de The Prince and Me et, évidemment, de Valentine's Day).

Les morales qui parsèment la production manquent, elles aussi, de personnalité. Lorsqu'on nous rabâche encore des poncifs comme « rien n'est impossible », « écoute ton coeur » et « l'amour a raison de tout », on peut, sans hésitation, se demander si l'auteur ne prend pas plaisir à se moquer de l'intelligence de son public. Si au moins une des histoires s'était conclue par une finale plus morose (et je ne parle pas ici de la mort d'un cancéreux condamné, mais bien d'un événement imprévisible qui aurait changé le ton de l'oeuvre), peut-être que le goût amer que nous laisse le film serait moins persistant.

La réalisation va dans le même sens que le scénario; des plans froids, un montage classique et fastidieux ainsi que des images qui, au lieu d'être spectaculaires (comme devrait l'être l'atmosphère de la veille du Jour de l'an), s'avèrent ternes, insipides. Suite...