Premier long métrage de la réalisatrice canadienne Deborah Chow, The High Cost of Living fait partie de cette catégorie de films qui sont portés par leurs personnages plutôt que par une vision radicalement originale du cinéma. Le schéma narratif y est donc primordial, tout comme l'évolution dite « psychologique » de personnages qu'on apprendra petit à petit à aimer, auxquels on s'attachera pour mieux vivre avec eux les émotions que propose le film. Dans cette catégorie spécifique de cinéma, The High Cost of Living est particulièrement bien exécuté, grâce à la simplicité de sa réalisation et au charisme de ses deux acteurs principaux.

Si les premières minutes du film s'avèrent assez précipitées - on a un ressort dramatique très circonstanciel à mettre en place : un Américain illégal au Canada, trafiquant de drogues, ivre au volant, frappe en pleine nuit une femme enceinte de huit mois qui a de fausses contractions dont le conjoint est obsédé par le travail et absent à ce moment-là, et qui fuit les lieux sans être vu, disons que ça n'arrive pas tous les jours (heureusement) - on retrouve par la suite une économie de moyens qui laisse parler le scénario et le jeu inspirés des comédiens.

Il est extrêmement aisé de ressentir de l'empathie pour une femme enceinte qui devra accoucher d'un bébé mort-né et qui le porte en attendant dans son ventre. C'est aussi habituellement les prémices à un flot ininterrompu de bons sentiments et de scènes larmoyantes qui imposeraient les émotions logiques à ressentir dans une telle situation (et qu'on ne peut réfuter). Or, parce que la réalisatrice ne s'y attarde pas exagérément, on saisit plus facilement l'urgence de la situation et on accepte plus aisément les quelques décisions impulsives et douteuses que prend la mère en question. La douceur et la profondeur du jeu d'Isabelle Blais rendent son personnage plus accessible, même si on ne peut puiser dans ses expériences personnelles pour s'y identifier.

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