Super 8 est, sans contredit, le film estival de prédilection: de nombreux effets spéciaux de qualité, une intrigue soutenue et pertinente ainsi que des performances d'acteurs remarquables. J.J. Abrams nous a habitué à une certaine excentricité et à une singularité qui l'inscrivent parmi les plus grands réalisateurs et ce, sans qu'il ait recours à la mièvrerie des productions hollywoodiennes conventionnelles. L'engagement informel - celui de conserver cette compétence et cette finesse qui lui sont caractérisques - qu'il a établi avec les cinéphiles est risqué, audacieux, dans le cas d'une sortie estivale, et pourtant, Abrams le respecte avec une aisance qui rendra immanquablement des cinéastes rouges de jalousie.

Dès les premières minutes, J.J. Abrams établit ce sentiment d'étrangeté bien à lui, ce mystère caractéristique qui éveille inévitablement la curiosité du spectateur. Un jeune homme est assis sur une balançoire dans la cour déserte d'une résidence remplie de gens vêtus de noir semblant commémorer la mort de celle que l'on comprend être sa mère; une situation qui pourrait, bien que triste, nous apparaître banale, sans véritable intérêt (personne n'explose ou ne se transforme en bête sanguinaire), mais, grâce à la magie du créateur de Lost, qui nous livre l'information au compte-goutte, la scène devient une brillante entrée en matière pour un film baigné de secrets. Jusqu'à sa toute fin, le récit fascine, hypnotise. Le réalisateur réussit à nous tenir en haleine et même, à un certain moment, à nous convaincre de la plausibilité de cette histoire fantastique. Il parvient à créer un sentiment d'anxiété, une angoisse palpable, une appréhension que l'on partage avec les différents personnages. Suite...